illustration d'un lampion au drapeau suisse au pPré Byron avec un feux d'artifice dans le ciel

1er août 2026

Je remercie Edgar Meyer, pour sa lecture du pacte fédéral, acte fondateur de la Confédération, car la Suisse puise sa force dans son histoire séculaire.

Oui, Mesdames et Messieurs, La Suisse est grande depuis 1291 (sans vouloir paraphraser qui que ce soit). Depuis plus de sept siècles, notre pays avance en restant fidèle à des principes simples et puissants : la solidarité, l'entraide, la responsabilité commune.

A la mort de l’empereur Rodolphe de Habsbourg, en juin 1291, l’avenir apparaît incertain. Les équilibres politiques sont fragiles. Les menaces sont réelles. Les représentants d'Uri, de Schwytz et d’Unterwald concluent alors un pacte, au début du mois d'août. Ils ne fondent certes pas encore la Suisse telle que nous la connaissons aujourd'hui, mais ils accomplissent un geste décisif : Face à l'incertitude, ils choisissent l'union plutôt que l'isolement, la coopération plutôt que la division, la confiance plutôt que la peur.

Plus de sept cents ans plus tard, le monde a changé, mais cette leçon demeure d'une étonnante actualité. Car la Suisse de 2026 évolue elle aussi dans un environnement marqué par les incertitudes. Les tensions géopolitiques se multiplient. Les défis énergétiques, les bouleversements technologiques transforment nos sociétés à une vitesse inédite. Et surtout, le dérèglement climatique s'impose désormais comme l'un des grands enjeux de notre époque.

L'actualité de cet été nous le rappelle avec force. Des incendies frappent de nombreuses régions d'Europe. Des épisodes de sécheresse alternent avec des phénomènes météorologiques extrêmes. La Suisse n'est pas épargnée. Nos glaciers reculent, nos ressources naturelles sont sous pression, nos écosystèmes se fragilisent. 

Il y a plus de vingt ans, Jacques Chirac lançait cette phrase devenue célèbre : "Notre maison brûle et nous regardons ailleurs."

Aujourd'hui, nous savons qu’il faut agir. Agir avec lucidité et détermination car au fil de son histoire, la Suisse a démontré que sa véritable force ne réside ni dans sa taille ni dans sa puissance. Elle réside dans sa capacité à rassembler, à innover, à rechercher des solutions concrètes et à transformer les défis en opportunités.

Située au milieu du monde sans jamais prétendre être le centre du monde, la Suisse possède une responsabilité. Celle de montrer l’exemple. Bien sûr, notre pays ne résoudra pas seule la crise climatique. Mais il peut contribuer à ouvrir la voie. Par son esprit d’entreprise. Par son excellence scientifique. Par sa capacité à concilier prospérité économique, qualité de vie et respect de l'environnement. Par les avancées qu'il porte dans les domaines de l'énergie, de la mobilité ou de l'aménagement du territoire. C'est peut-être là l'une des plus belles missions de la Suisse au XXIe siècle : Continuer à construire des ponts là où d'autres érigent des murs, et demeurer non seulement un modèle de stabilité politique, mais aussi un modèle de responsabilité et d'innovation.

Être fier de la Suisse, ce n'est pas seulement célébrer notre histoire. C'est aussi préparer son avenir.

Alors oui, Mesdames et Messieurs, en ce jour de fête Nationale nous pouvons dire que la Suisse est grande depuis 1291. Parce qu'au fil des siècles, elle a toujours trouvé et trouvera toujours dans son unité la force de relever les défis de son temps.

Vive Cologny, 
Vive Genève,
Vive la Suisse.